Sortir du piège de l’illusion de sécurité

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Sortir du piège de l’illusion de sécurité

« La vie est une rose dont chaque pétale est une illusion et chaque épine une réalité »

Depuis toujours, nous cherchons à construire des cocons de sécurité autour de nous, que ce soit au travail, à la maison ou dans notre environnement numérique. Nous bâtissons nos systèmes, nos politiques et nos routines en partant du principe que tout tiendra bon.
Pourtant, les crises successives démontrent que cette confiance est bien souvent mal placée. Cette confiance excessive trouve son origine dans un risque dont on parle encore trop peu. Totalement immatériel, il conditionne pourtant à lui seul le niveau de gravité des dangers identifiés ainsi que leur probabilité. Ce risque n’est autre que l’illusion.

L’illusion est « une opinion trompeuse, un espoir chimérique qui abuse l’esprit ». Elle correspond à une appréciation conforme à ce que l’on souhaite croire, mais éloignée de la réalité. L’illusion de sécurité repose sur plusieurs mécanismes psychologiques bien identifiés :
Le biais de normalité : croire que le futur ressemblera au passé.
La complaisance : ignorer les signaux faibles par confort.
Le déni du risque : préférer minimiser la menace pour éviter l’anxiété.


Toute crise majeure trouve toujours son origine dans une forme d’illusion. C’est elle qui conduit certains décideurs à minimiser les risques identifiés, leur gravité ou leur probabilité. À y regarder de plus près, l’illusion se retrouve à tous les niveaux de notre société, de nos entreprises et de nos organisations. Elle peut être le fait d’un petit nombre d’individus comme d’un phénomène collectif, selon la force de conviction de ceux qui la diffusent.


I. Une analyse illusionniste des problématiques de sécurité
L’illusion se nourrit d’un manque d’analyse, de crédibilité, mais aussi, parfois, de discours volontairement biaisés. Elle vise à faire croire à une majorité silencieuse qu’il est possible de remporter des victoires importantes sans effort ni sacrifice. La minimisation des risques, souvent alimentée par un excès de confiance, conduit alors à une sous-estimation des dangers réels.

A- Regardons la réalité en face
Gérer les risques et les menaces exige lucidité et objectivité. Aucun filtre ne doit venir déformer la réalité. Plus que jamais, il est nécessaire de regarder les faits en face et de s’attaquer aux causes profondes des problèmes. Cela suppose d’accepter ses erreurs et de mettre en œuvre les moyens nécessaires pour les corriger.
Dans de nombreuses entreprises et établissements, il n’existe pas de stratégie de sûreté clairement formulée, formalisée par écrit et servant de cadre de référence, non seulement pour les responsables et les services chargés de l’appliquer, mais pour l’ensemble du personnel. Cette lacune contribue à générer des incohérences, des zones d’incertitude, voire des dépenses inutiles en matière de protection des biens et des personnes.
Il est parfois admis que les problèmes de sécurité se manifestent naturellement à l’observateur averti. En réalité, si certaines failles sont visibles, la majorité des facteurs qui affaiblissent la sécurité sont bien plus difficiles à identifier.
En l’absence d’une véritable stratégie de sûreté — la sécurité étant, quant à elle, largement encadrée par la réglementation — la protection contre la malveillance demeure essentiellement réactive, alors qu’elle devrait avant tout être préventive.
Le principal danger de l’illusion est qu’elle conduit inévitablement, à plus ou moins brève échéance, à la catastrophe. Il est toujours plus confortable de se voiler la face que d’affronter une réalité parfois dérangeante ou anxiogène.

De la nécessité d’identifier les menaces et risques
L’histoire récente illustre les conséquences de ces illusions. Les attentats du 11 septembre 2001 ont mis en lumière une accumulation de signaux sous-estimés et de risques mal appréciés. De la même manière, certaines interventions militaires ont reposé sur l’illusion qu’une réponse strictement coercitive suffirait à éradiquer des organisations dont l’idéologie et les modes opératoires s’adaptent en permanence.
Une démarche de sûreté efficace débute toujours par une analyse rigoureuse et sans complaisance des risques et des menaces.
Celles-ci sont multiples, inégalement réparties et propres à chaque organisation. Elles peuvent être internes ou externes. Les vulnérabilités constituent leur contrepartie : ce sont les faiblesses qui exposent à une attaque potentielle. Le risque naît de la rencontre entre une vulnérabilité et une menace. Une porte déverrouillée constitue une vulnérabilité ; mais si personne n’a intérêt à s’y introduire, elle ne génère pas nécessairement de risque.

Pour être utile, l’identification d’un risque ou d’une menace doit être adaptée aux caractéristiques de l’organisation concernée, ainsi qu’à celles des acteurs susceptibles d’en être à l’origine. Cette analyse permet d’identifier les profils malveillants, leurs modes opératoires et l’intensité des actions qu’ils pourraient engager.


Sortir de l’illusion
L’illusion de sécurité constitue l’un des principaux freins à la résilience des organisations. Voltaire écrivait : « Un jour, tout sera bien, voilà notre espérance. Tout est bien aujourd’hui, voilà l’illusion ». Sortir de cette illusion suppose de réveiller une faculté souvent négligée : l’imagination.


A. Imagination et prévention
Qui aurait imaginé en début 2001 que les États-Unis seraient attaqués sur leur sol par un groupe de terroristes et que cette attaque causerait des milliers de morts, et des séismes géopolitiques sans précédent ? Qui aurait imaginé, le cambriolage du musée du Louvre en plein cœur de Paris par un groupuscule d’individus le 19 octobre 2025, avec neuf bijoux de la Couronne de France dérobés en quelques minutes.
Ces scénarios, qu’ils soient historiques ou prospectifs, ont pourtant été envisagés par certains analystes. Mais ils ont fréquemment été écartés au motif qu’ils relevaient d’une imagination jugée excessive. Plusieurs travaux ont ainsi montré que, avant 2001, des scénarios d’attaques non conventionnelles avaient été évoqués sans être pleinement pris en compte, notamment en raison d’une évaluation jugée faible de leur probabilité.
A titre illustratif, un analyste de la CIA, basé en Asie avait identifié bien avant les attentats du 11 septembre 2001 le risque d’un attentat terroriste sur le sol américain avec pour vecteur de l’attaque un ou plusieurs des avions de ligne. Hélas, ce risque n’a pas retenu l’attention des dirigeants de la CIA, car la probabilité de survenance d’une telle action était « quasiment nul ».
Albert Einstein rappelait que « l’imagination est plus importante que la connaissance». En matière de sûreté, elle constitue un complément indispensable de la prévention. Sans anticipation, la protection et la sécurité ne sont que des constructions illusoires.

B. De la prospection à l’anticipation
Il ne fait aucun doute que les prospectivistes sont très peu nombreux et seront, certainement, toujours accusés d’avoir des analyses irréalistes s’il se dévoilent au grand jour. En effet, la prospection n’a pas pour ambition de prévoir l’avenir, mais de l’anticiper à l’aide d’une multitude d’informations. Il convient donc de distinguer la prévision de la prospection.
La prévision est rationnelle. Elle se fonde sur des données mathématiques et dans tous les cas, sur des données cartésiennes. Les prévisions prennent appui sur des situations existantes et font une projection dans le temps. Nous savons prévoir le temps qu’il fera demain ou dans trois jours.
Les prospectives sont quant à elles beaucoup moins rationnelles aux yeux du grand public. Un bon prospectiviste doit compter parmi ses qualités une imagination débordante et ne doit craindre le ridicule afin d’envisager tous les scénarios possibles, du plus évident au plus improbable.
En matière de sûreté, cette approche est essentielle : ce qui n’est pas imaginé ne peut être anticipé, et ce qui n’est pas anticipé peut engendrer des conséquences humaines, économiques et sociales majeures.


C. De la nécessité du conseil d’un expert
La sécurité en entreprise, n’est pas une affaire de prévention et de réaction à des incidents isolés. Alors, plutôt que d’attendre la tempête pour renforcer les défenses, il est grand temps d’adopter une posture proactive et réaliste. Et pour cela, vous avez besoin de l’accompagnement d’un expert.
D’abord, l’assistance d’un conseil en sûreté est rendue quasiment obligatoire du fait du cœur business de l’entreprise. En effet, les sociétés qui doivent stocker, produire, transporter ou vendre des matières premières ou des produits finis à forte valeur ajoutée ne peuvent, dans un contexte sécuritaire incertain, s’affranchir d’intégrer dans leur phase opérationnelle une démarche sûreté.
Ensuite, un conseil en sûreté peut également se justifier du fait des activités mêmes de l’entreprise qui l’amènent à évoluer dans un environnement qui expose son personnel ou ses clients à des risques. Dans une telle configuration, un service sûreté constitue alors une composante stratégique pour l’entreprise, son personnel et ses activités.
Enfin, même en l’absence d’activités sensibles au sens strict, toute organisation doit être en mesure de répondre à ses obligations de résultat en matière de sécurité et de sûreté. Considérant la sûreté comme une composante stratégique, il est essentiel que cette culture soit construite avec méthode, par des professionnels qualifiés, afin d’être comprise, acceptée et intégrée par l’ensemble des collaborateurs.

Le cabinet Sionsecurity vous accompagne dans la construction et le déploiement de votre démarche de sûreté.
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  1. Expertise spécialisée
    Nos consultants possèdent une expertise approfondie dans le domaine de la sûreté et de la sécurité, ce qui nous permet de fournir des solutions adaptées à vos besoins spécifiques.
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    Nous comprenons que chaque entreprise ou institution a des défis propres de sûreté et de sécurité. C’est pourquoi nous travaillons en étroite collaboration avec vous pour développer des stratégies personnalisées qui répondent à vos objectifs et à vos contraintes.
  3. Engagement envers la qualité
    Nous nous engageons à fournir des services de haute qualité et à atteindre les résultats escomptés, tout en assurant la satisfaction de nos clients à chaque étape du processus. En matière de sécurité, la véritable question n’est pas de savoir si une crise surviendra, mais quand. Accepter cette réalité constitue la première étape pour transformer la peur en préparation efficace. Êtes-vous prêt à sortir de l’illusion et à préparer votre organisation au pire, pour mieux protéger l’essentiel ?

Dr. Waidi AKODJENOU